Bien le bonjour vous ! Si vous n'aimez pas les chats, passez votre chemin, car aujourd'hui c'est 100% félin ! Je suis retombée sur l'article du sauvetage de Boune, (que nous pensions mâle à l’époque, oupsi) et, vu que nous célébrons l’arrivée de Bébert dans la famille, je me suis dit : go écrire, ça te fera des souvenirs !

Il y a donc un an, une femme rentrait dans notre jardin, un peu hésitante. Elle pensait que nous étions une chatterie et, vu que nous avons des cadres grillagés à toutes nos fenêtres (même la porte d’entrée maintenant) avec un arbre à chat XXL devant la baie vitrée, elle était pas loin de la réalité… Une chatterie privée ! Elle nous explique alors qu’elle passe tous les soirs pour récupérer un chat qui s’est enfui de sa caisse de transport. C’est un chat qui traîne dans un chemin entre une zone d’herbe et une route, pas craintif, qui les suit et demande des caresses à chaque fois. Elle a voulu l’amener en clinique pour lire son tatouage, (quand vous trouvez un chat, vous pouvez l’amener chez un vétérinaire pour vérifier s’il est identifié et eux préviendront les propriétaires, le tout gratuitement !) mais Mr le Chat a détruit sa caisse de transport et depuis, il se planque dans un buisson, à quelques mètres de chez nous. Il se trouve que cette femme est bénévole à l’École du Chat Libre de Poitiers, association que je connais très bien et en qui j’ai entièrement confiance. Je les contacte de mon côté pour leur dire que, si jamais il sort et que j’arrive à le choper, je le mettrai en sécurité le temps qu’ils puissent le récupérer. Malheureusement, un soir j'ai entendu une bagarre de chat et il n'était plus dans son buisson pendant quelques jours... Jusqu’à ce qu’un soir, il refasse surface et, pour la première fois, presque devant notre portail.

Mon Monsieur sort, lui parle, et Mr le Chat se met à le suivre… Partout. Imaginez ma tête, moi qui rampe dans des vides sanitaires, grimpe sur des toits, passe des heures à trapper… Et les deux là, qui marchent ensemble, trop facile. (J'pete le seum, ouais) 
Nous l’installons un peu en urgence dans notre chambre d’ami, c’est le chaos, il dévore trois sachets de pâtées, patoune, ronronne, fait des bisous… Un peu déroutant, moi qui avais le plus souvent des chats sauvages ou très malades quand j’étais bénévole et FA. Dès le lendemain, après quelques difficultés, j’arrive à lire son tatouage et l’asso cherche de son côté ses propriétaires.

Tuto de la débrouille :
Quand le tatouage n'est pas très lisible, un petit coup de crème grasse type vaseline, une bonne lumière blanche et de la patience afin que les chiffres ressortent mieux.

J’envoie une photo et un petit mot rassurant à sa maîtresse : "Votre chat est en sécurité, je suis disponible même tard pour que vous puissiez venir le récupérer." Quelques minutes plus tard, elle me téléphone. En quelques secondes, je passe de heureuse à dépité. Elle ne se souvient pas de lui. Il a disparu depuis six ans, il avait à peine un an à l’époque. (J’écris en mode robot, parce que dès la première phrase, mon cerveau est passé en automatique : outrée. Celle-là, je ne l’avais pas vue venir...) Elle a toujours son frère. Elle a refait sa vie : nouvelle maison, nouvelle ville… Elle ne le reprendra donc pas. Elle ne m’a même pas demandé comment il allait. Ni où il était. Je raccroche et je comprends très vite que M. Chat a donc eu deux abandons. Parce que j’ai ramassé tellement d’âmes en peine que je sais faire la différence entre un chat de la rue et un chat qui a déjà eu des humains pour s’occuper de lui. Ce que le vétérinaire confirmera.

Début août, l’association enchaîne les prises en charge et les frais vétérinaires. On se met d’accord : je vais devenir sa famille d’accueil. Il supporte très bien l’enfermement, il est propre, gentil… Franchement, je n’avais jamais eu un chat aussi facile en FA : c’était presque des vacances.Les semaines passent, les visites chez le vétérinaire aussi. Petit à petit, on réalise qu’il serait beaucoup trop malheureux en chatterie : ce chat a un énorme besoin de présence humaine. Après avoir eu les résultats de ses tests FIV/FELV — NEGATIFS ! — On se le dit un dimanche matin, cafés en mains : il restera donc avec nous. Et débute la période stressante, de l'intégration avec les 3 autres. 


C’était la deuxième fois que nous devions intégrer un chat adulte auprès des nôtres. Sauf qu’à l’époque, ils n’étaient que deux, et Zuzu aveugle, c’était plus compliqué. Mais j’avais minimisé un détail important chez Monsieur Chat (surnommé Bébert) : son besoin de présence humaine. Après plusieurs jours à échanger des plaids et des jouets pour que tout le monde s’habitue aux odeurs, je me suis dit qu’une grille dans le couloir permettrait des premières rencontres en douceur. L’idée était bonne… En quelques minutes, Bébert a sauté la grille et s’est invité dans le salon. Voilà, ça c’est fait.

D'où son nom : grand, costaud, bourru. Les autres ont eu peur de lui quelques jours, semaines pour les deux filles qui sont toutes petites... Tous en hauteur avec une tête étrange... Genre : pourquoi diable y a-t-il un poney dans la maison ? Mais ce chat est une crème. Il n'a pas brusqué le contact, quand les autres crachaient, il s'asseyait ou changeait de direction. Il a vraiment fait en sorte que tous s'habituent à sa présence, pris le temps de se faire à notre vie, aussi. Bébert, c'est mon chat de vieux. Il ne connaissait pas le canapé, la musique, l'arbre à chat, les jouets... On a mis des mois avant qu'il ne monte sur le canapé, les loveuses. Mais, quand il a compris le confort que c'était, c'était acté et croyez-moi, aujourd'hui on se bat et se serre à deux sur une place, car monsieur en profite allègrement ! Il s'est très vite fait au distributeur à croquettes, ne soyez pas trop choqués du avant-après, il est devenu énorme. Le seul bémol, c'est sa peur panique des caisses de transport. Je pense vraiment que c'est lié aux abandons. Il ne supporte pas qu'on l'approche de lui, à tel point que nous n'avons jamais pu faire les rappels de vaccins. 

Au fil des semaines, mois, nous avons pu faire connaissance et trouver un nouveau rythme. Au décès de Toune, ce fut très difficile pour eux de s’en remettre, c’était notre premier bébé, mais pour eux, c’était le patriarche : tant que lui ne paniquait pas, tout allait bien (oui, j’ai que des névrosés à la maison, ceux dont personne ne veut car trop de temps d’adaptation, pas assez « peluche »…). Et Bébert a repris cette place : pas de chef, mais la place du chat sociable, celui qui n’est pas en planque quand un piéton passe trop près de la maison, celui qui les incite à sortir plus rapidement, à être moins apeurés des bruits extérieurs et des visiteurs.

Ils vont tous vers lui : un dodo, une léchouille, une séance de jeu. Il est parfaitement intégré à la meute, à la maison. Et chaque jour, il a l’air de profiter de chaque instant. Il savoure son confort et sa sécurité. Encore une adoption non prévue, mais sans regret. Et aujourd’hui, nous célébrons le reste de sa vie loin de la peur, de l’abandon, de la cruauté des humains. Et, bien que je reste très narratrice dans cet article, ce gros bébé d’amour, c’est lui aussi, comme Zuzu l’était, comme Grodine, un fils à sa mère.

Je ne suis plus jamais seule : il est toujours dans mon ombre. Si je change de pièce, il change de pièce. Si je suis dans le jardin, il me pourchasse de fenêtre en fenêtre. Et ça me manquait, finalement. J’aime les pots de colle, dépendants. Même si je remarque qu’il est moins collant, obsessionnel qu’au début, preuve qu’il commence à comprendre que, cette fois, c’est bon, on sera ensemble jusqu’à la fin.


Joyeux anniversaire de nouvelle vie mon gros bébé 

Bien le bonjour vous.
Aujourd’hui, je vais répondre à une question qu’on me pose souvent, qu’elle soit curieuse ou moqueuse d’ailleurs. Je pense que la réponse la plus évidente, c’est tout simplement le charme de l’ancien. Pouvoir redonner vie à des couverts oubliés trop longtemps dans un vieux grenier, dans un placard ou un carton. Toutes ces cuillères, fourchettes, louches, faites pour durer, sont aujourd’hui remplacées par de l’inox ou du plastique. Souvent créés pour être jolis, mais rarement pour traverser le temps. Une triste métaphore de bien des choses dans notre monde, peut-être...

J'aurais pu, effectivement, choisir des machines laser. Leurs possibilités créatives sont bien plus grandes. Mais le fait main, c’est trop important à mes yeux. J’aurais un peu de mal à dire “C’est moi qui l’ai fait”, alors que c’est la machine qui exécute mes ordres, vous voyez ?La gravure laser, c’est trop parfait, trop lisse, trop impersonnelle pour moi. C’est idéal pour de la production rapide et identique, mais c’est bien là tout le problème. Moi j'aime que la même phrase, la même idée soit différente d'une cuillère a l'autre. 

Bien que je sois malvoyante, et incapable de voir réellement ma gravure tant qu’elle n’est pas encrée, j’aime le travail du métal. J’aime positionner les poinçons au toucher. Alors oui, ce n’est pas toujours parfaitement aligné, pas toujours très droit, mais c’est ça aussi, le fait main : les imperfections font souvent tout le charme de l’objet.

Remettre, à travers mes couverts, le poinçonnage en avant. On se noie tellement dans la modernité qu’on en oublie des merveilles… Les premières traces de poinçonnage remontent aux premières civilisations métallurgiques, chez les Égyptiens, les Grecs et les Romains. Une technique précise, où chaque matériau, chaque angle, chaque puissance de frappe peut influer sur le rendu final. Un savoir-faire qui a traversé les siècles, mais qui est devenu très rare aujourd’hui. Il est complètement automatisé dans l’industrie, et seuls quelques artisans et créateurs l’utilisent encore.

C’est un savoir-faire méconnu du public, et je prends toujours beaucoup de plaisir, lors des marchés, à faire découvrir cet art. J’embarque toujours quelques poinçons, et il m’arrive même de faire des démonstrations sur place. J’ai toujours beaucoup d’échanges autour du poinçonnage : les gens sont surpris, curieux, intéressés.


Alors, si je peux conclure sur mon choix entre poinçonnage et gravure laser, je dirais : l’authenticité.
C’est plus long, moins parfait, mais c’est fait avec soin. (Avec 30 coups par lettre, le soin n’est PAS pour mes oreilles, certes…)

Ce que j’apprécie aussi, c’est la durée dans le temps. Quand quelqu’un repart avec une de mes cuillères, je sais qu’il ne pourra jamais dire « La gravure n’a pas tenu ». À l’inverse de certaines gravures laser, le poinçonnage, tout comme mes couverts, traversera les années.Finalement, quoi que je fasse, ce penchant pour les choses d’un autre temps est profondément ancré en moi. La broderie, le poinçonnage, la photo argentique… Et je ne vous parle même pas de mes goûts vestimentaires ou décoratifs.

Et vous, vous êtes plutôt gravure artisanale ou gravure laser ?

Il y a quelques années, en déterrant le blog, je me suis souvenue du bien que ça me faisait d'écrire mes humeurs. Et, fut une époque, c'est très certainement ce qui a plu ici. Seulement voilà, les années ont passé et écrire mes sentiments, les partager, n'était plus dans mon quotidien. Depuis, j'ai un sentiment étrange, nouveau, en ouvrant ma page d'accueil. J'ai refait quelques articles, très légers, sans rien de personnel, sans rien qui me mette en danger, finalement. Et à chaque fois, je me demande, "est-ce l'âge ou ai-je besoin de temps pour reprendre mes marques ?" Je n'ai pas encore la réponse, alors je me suis dit : "écris, on verra bien."
Vous l'aurez compris, je ne sais pas où nous allons, mais nous y allons.


Ça fait quand même presque 10 ans que je n'avais plus ouvert à des inconnus des instants de vie, des pensées, réflexions. 10 ans que j'ai adopté le silence radio, la discrétion, surtout sur internet. Alors pourquoi revenir ? J'en ai ressenti le besoin. Ça fait des années que je garde trop de choses, que je traverse des périodes complètement merdiques en compagnie de la maladie. Et garder le silence sur mes émotions est devenu une seconde nature. J'ai déjà fait trop peur à mes proches, je préfère sourire, dire que tout va bien, même si je me mens autant que je leur mens.

Rassurez-vous, j'ai pas prévu de commencer à geindre sur ma santé à chaque article. C'est pas dans mon ADN. Je fais de l'humour au pire. Mais, oui, je cherche depuis 5 ans à occuper mon temps en faisant des choses pour moi et ma santé mentale, au moins. Et écrire, c'est mon remède depuis petite, alors allez savoir, c'est peut-être encore là, au fond de moi. J'espère.

J'avais une gêne, car beaucoup ne m'ont pas connue à la belle époque du blog, où j'étais sans filtre, avec des articles parfois très piquants. Mais gênée de quoi ? De vivre ? Flemme. Je suis dans ma cahute depuis 5 ans, silencieuse, j'ai plus envie de m'interdire des choses, la maladie m'en a déjà bien assez pris. J'avais peur aussi de ne plus rien avoir à dire. Après tout, je suis en permanence chez moi, je ne vois personne, le monde évolue et je n'en suis même pas spectatrice. Mais, ai-je besoin d'une vie palpitante pour écrire ? Ou plutôt... Avais-je une vie bien plus palpitante il y a quelques années ? Non, je ne crois pas. Le palpitant est arrivé après le blog, mais j'en parlerai peut-être plus tard, si c'est le cas, sortez les en-cas.


Je crois que j'avais besoin de ce premier article spontané, sans autre construction que ce que je ressens à la minute. Et je me demande même si ce n'était pas ma manière de faire, jadis. Car je tape sur mon clavier à la même vitesse que dans mes souvenirs, je vois (de ma vue floue, certes) la page se noircir, sans jamais avoir un trou, un doute. Et la gêne, les doutes ne sont pas assez forts face au soulagement. Écrire sans réfléchir. Retour aux sources. Et si ça ne plaît pas, je parlerai seule, après tout, la blogo' est redevenue petite, discrète, un petit coin du géant internet.

Petit mais confortable. Réconfortant, comme à la maison. J'ai remis les chaussons de blogueuse, j'attrape mon plaid et je profite.


Et vous, après lecture, vous pensez que j'en suis encore capable ?